Claire Jaen, couturière Carrément Bio

Claire Jaen, c’est aussi Amélie Mélodie, une petite entreprise créée en 2016, à Lambesc. Rencontrer Claire, c’était formidable et si enrichissant !!! Allez, vous êtes prêt ? On vous raconte !

Claire Jaen, la rencontre !

C’est celle d’un univers créatif, précieux, délicat, exigent, une richesse inouïe, le tout derrière un magnifique sourire communicatif !!! En quelques mots, le chemin que Claire a parcouru jusqu’ici est riche de vastes expériences dans lesquelles le point commun est l’engagement, tout ce qu’elle entreprend, elle le fait à fond ! Cependant, ce chemin est toujours passé, de près ou de loin, par les arts plastiques. Depuis sa plus tendre enfance, elle se souvient de son attrait pour la poterie qu’elle pratiquait avec sa mère, mais aussi le dessin, les collages, la peinture,… Elle se dit « un peu caméléon » car attirée par tant de choses ! Créer de ses mains, s’exprimer par les couleurs, c’est son dada !!

Plusieurs vies professionnelles

Ses études l’amènent vers le graphisme qu’elle exerce pendant quelques temps et puis, voilà, la vie s’en mêle ! De recherche de travail en déménagements, de rencontre en naissances, d’opportunités en besoins, elle quitte ce métier. La recherche manuelle, la part créative, voilà ce qu’elle affectionne dans son métier de graphiste or, c’est la mise en forme « technologique » qui prend le dessus. Et dans ce domaine là, elle ne se retrouve pas. Heureusement, pendant son temps libre, elle ne cesse d’oeuvrer de ses mains, la couture, les arts plastiques,… son fil d’Ariane !

Dans le même temps, elle devient maman pour la seconde fois… et s’accorde (enfin) un temps de réflexion. Elle cherche et creuse pour vivre cette maternité et la naissance de l’enfant à venir au mieux. De fait, elle se penche sur la petite enfance. Peu à peu, elle découvre un univers vaste et attirant. Elle ressent l’envie de revenir à quelque chose d’utile, de concret. Valoriser l’humain est important aussi à ses yeux, associé à la notion de service. Et pourquoi pas reprendre une formation autour de la petite enfance ? Elle s’engage dans une formation d’auxiliaire de puériculture.

« Ça m’a passionnée »…

Dans son parcours de formation, de nombreux stages l’amènent en milieu hospitalier (service de néo nat, maternité) ou dans des crèches. Elle y vit des moments extrêmement forts, des grandes satisfactions (elle obtiendra la meilleure note jamais atteinte en service de néo natalité ! … engagée dans ses actes Claire ? Non, vous croyez ??? ). Cependant, elle est aussi confrontée à la souffrance du bébé, des mamans et de fait, à la difficulté de l’accompagnement.

Peut-être l’avez-vous rencontrée à la crèche de Saint-Cannat ? elle y a fait un stage et a été appelée dès son diplôme en poche. Elle y restera presque 4 années, fera l’unanimité auprès des enfants… et leurs parents. Et puis, une blessure à l’épaule l’enferme à la maison. Une longue guérison s’ensuit, qui l’empêche non seulement de porter du poids mais aussi de reprendre son activité d’assistante maternelle.

Pendant la rééducation, j’ai ressorti tous les projets qui attendaient dans les placards, Noel n’était pas très loin. Et puis, j’ai eu des idées de cadeau pour les uns et les autres. Les gens autour de moi ont commencé à me demander des réalisations. 

Ses réflexions l’ont amenées vers un métier qu’elle pourrait exercer en indépendante. Ses créations pourraient être enfin le moyen de retrouver un métier manuel qui lui manque tant. Elle a la chance d’avoir à ses côtés Bernard, ses compétences (il est expert comptable !) et son soutien. Il peut l’aider à s’installer, ça apporterait plus de souplesse dans son emploi du temps avec les enfants, même si ce n’est pas facile de travailler à la maison ! Au bout de quelques mois, elle émet le fameux « Pourquoi pas ? ». Celui-là même qui autorise à pousser cette porte, à envisager que « ça se tente » pour ne rien regretter et faire ce qui plait ! Un grand bravo à Claire pour ce « pourquoi pas ? ». On est fan (ça, c’est juste au cas où vous auriez encore un doute !!). Se jeter à l’eau, pas facile, mais quelle belle décision !

La passion et l’engagement de Claire Jaen

La passion, c’est celle de la culture japonaise, non démentie depuis son plus jeune âge : ses motifs, ses couleurs. Le papier et le tissu japonais sont présents dès ses premières réalisations. Elle admire toutes les étapes de son élaboration, depuis les fibres de murier jusqu’à ce résultat final, si particulier au toucher, si agréable à travailler. Elle se réjouit de valoriser ce savoir-faire ancestral entré au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco.

Je suis amoureuse de mon papier japonais, quelle chance j’ai de travailler ce support. Je respecte la matière, je la valorise.

Ses engagements sont éco-citoyens : depuis des années, et avant même de penser à changer d’orientation professionnelle, elle réalise des serviettes, lingettes, gants, sacs à vrac,… pour elle et son entourage. Claire en offre à sa maman, sa soeur et obtient de bons retours. « C’est super bien, écologique, zéro déchet !! »

Mais voilà, Claire est perfectionniste, elle n’est pas sûre d’être légitime n’étant ni couturière, ni origamiste, ni… Elle a besoin de murir le projet. Aussi, la voilà qui cherche, creuse, se renseigne… Elle achète des tissus, elle essaie, fait essayer les autres, teste ! Elle découvre les tissus certifiés OEKO-TEX. C’est une norme européenne qui certifie qu’il n’y pas de substance nocives pour l’homme et l’environnement dans le tissu et les teintures utilisées, une base élémentaire pour elle ! Pour cette raison, elle n’utilise pas de tissu japonais. En effet, elle les utilise pour elle, depuis des années et n’a jamais rencontré aucun souci mais, elle n’a pas assez d’information ! Les normes semblent être strictes au Japon mais, les documents n’étant pas traduits, elle n’en a pas la confirmation.

Pour l’éponge, elle utilise du coton biologique, validé par le certificat GOTS. Il certifie la culture biologique mais prend aussi en compte la partie éthique et sociale de la chaine de production : depuis les ouvriers pendant la culture jusqu’à la transformation, en passant par la récolte, la filature, etc… Ça représente un coût certes, mais c’est la garantie du respect de l’homme dans son travail.

Elle le dit elle-même, ce doit être parfait… mais elle ne parle pas ici des finitions de l’objet, non, non, non ! Elle parle des indications données au client, de la mise en valeur, de l’autonomie du client face à son utilisation. Parce que, pour ce qui est du produit fini, la question ne se pose même pas, il est parfait ! Toute lingette « écornée » sera retravaillée ou sortie du circuit, pas de place pour l’à peu près !

Même les origamis ont une petite étiquette. C’est important de respecter le consommateur, qu’il sache ce qu’il achète !

Le plaisir de créer

Claire ne veut pas renoncer au plaisir qu’elle a à coudre et à faire de beaux assortiments. Travailler des tissus basiques ne présente pas d’intérêt, cela ôterait la plus-value de l’artisanat.

Je me régale quand je fais les assortiments de tissu. C’est ma façon à moi de mettre un peu de moi-même dans mes produits. Je vais faire des associations de tissu que d’autres ne feront pas. C’est ma sensibilité. 

Ses associations de tissu sont remarquées en effet ! On imagine bien le temps qu’elle a passé ici et là à chiner, à admirer tel ou tel motif, à attendre (peut-être ?) précieusement d’avoir trouvé la mariage parfait avec cet autre tissu. Le choix qui confirme l’attente !

Claire, une richesse infinie !

Ses différentes expériences passées lui ont permis de découvrir l’éducation Montessori. Dans les crèches, elle a vu les enfants se servir des jeux.

Quand je me suis mise à coudre, j’ai eu envie d’en faire, ça avait pris tout son sens. En effet, j’ai vu les enfants s’en servir et pas seulement mes enfants ! Ils étaient nombreux et s’en servaient de plein de façon différentes, toute leur créativité était sollicitée.

Elle prend l’exemple des balles de préhension qu’on ne trouvait pas en magasin.

« C’est tellement bien pour les tous petits, il faut que j’en fasse. »

Pendant 6 mois, elle fait des essais, des tests de rembourrage. Dans cette balle, tout est adapté à l’enfant en bas âge. Le modèle de base vient du Japon, Maria Montessori l’a repris et adapté en taille pour les tous petits. Il remplit un grand nombre de critères : par sa taille pour les petites mains, il est léger, facilement manipulable, intéressant pour le regard, éveille aux prémices de la géométrie par la symétrie des creux et des pleins, les reliefs et contrastes,… Incroyable non ??? De 2,5 mois jusqu’à 1 an, ce si petit objet accompagne l’enfant sur diverses phase de développement. Voilà donc un super produit, le petit hic, il demande 3 longues heures de réalisation… rencontre percutante de la création et de la rentabilité !!! C’est sans compter sur l’esprit qui anime Claire : elle le trouve tellement bien qu’elle continue à le fabriquer !

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